Naturopathie, la santé par l’éducation et le conseil

S’il y a une pratique reine de notre rubrique « santé préventive », c’est bien la Naturopathie avec un « N » majuscule ! Vous allez vite comprendre ! Rien de tel qu’une image pour commencer : la voiture neuve et son entretien  !

La qualité de ce que l’on « met » sur et dans notre corps (attention de ne pas « creuser sa tombe avec ses dents » !) et de ce qu’on lui fait vivre va déterminer celle de notre santé.

La naturopathie ou la « santé préventive » par excellence !

Ai-je besoin de le rappeler : la bonne santé est notre état naturel ; c’est le point de départ « normal » ; nous sommes tels une voiture neuve en sortie d’usine : à moins d’un « grain de sable dans les rouages », elle est construite pour rouler sans problème ; et de nos jours, les voitures neuves roulent quasiment toutes sans problème.

De la même manière, la naturopathie n’a pas d’autre vocation que de nous maintenir en bonne santé.

Si, si, je vous assure : revenons à la voiture ! Alors qu’elle roule pourtant parfaitement, nous l’emmenons bien périodiquement, « à la révision », faire un entretien, vous êtes d’accord ? Et tout garagiste consciencieux qui se respecte procède alors à son entretien, détecte des faiblesses et les risques de dysfonctionnement éventuels,… bref, il entretien et révise notre voiture chérie. Vous êtes toujours d’accord ?

Eh bien, le naturopathe, procède de même avec le corps humain : il surveille, ajuste, entretien, oriente, prévient, donne des conseils de conduite, etc.

Autre image : en matière de chauffage et d’isolation d’une maison, ne dit-on pas que « la meilleure énergie est celle qu’on ne consomme pas » ? L’OMS(1) et les naturopathes nous diraient également que « le meilleur moyen d’éviter les maladies, c’est de faire de la santé« .

Bien évidement, les médecins et les pharmaciens « font un peu (sic) la grimace » : en effet, grâce aux naturopathes, les patients font tout le « travail » en amont ; bien rares ensuite sont ceux qui consultent médecins et pharmaciens !

Belle diminution des consultations et de la consommation de médicaments !

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Plus sérieusement et pour faire simple, disons que « la naturopathie est fondée sur le principe de préservation de l’énergie vitale. C’est une synthèse de plusieurs disciplines, cherchant à préserver et optimiser la santéaméliorer la qualité de vie et permettre l’auto-guérison » (2)

Pour cela, les naturopathes ont à leur disposition plusieurs outils disons « naturels », sans effets secondaires. Ils recourent en effet à 10 techniques naturopathiques. Nous ne rentrerons pas dans le détail ici. Internet répondra à vos questions sur le sujet.

Donc, toujours pour vous permettre de « faire bosser » le médecin qui est en vous à moindre coût pour nous tous pauvres contribuables, nous avons donc demandé à Isabelle Gomez-Echeverri, naturopathe à Paris(3) de nous éclairer sur son métier.

Philippe : on est bien d’accord : je veux rester en bonne santé mais ne sais pas trop comment m’y prendre, consulter régulièrement un naturopathe est une bonne idée ?

En clair, j’ai bien une vague idée des règles à suivre pour cela (une alimentation saine, un bon sommeil, une ou des activités physiques, etc.) ; mais précisément, ce qui est recommandé pour mon cas personnel, je n’en sais trop rien : vous allez pouvoir me renseigner ?

Isabelle : Le terme « régulièrement » n’est pas très approprié en naturopathie car justement, un des  objectifs du naturopathe est de rendre son client autonome par rapport à sa santé.
Le naturopathe doit toucher du doigt les causes des dysfonctionnements (s’il y en a) chez la personne et lui expliquer pourquoi elle a tel ou tel souci.

C’est la seule pratique de médecine dans laquelle le thérapeute responsabilise (avec bienveillance) le client. C’est pour cela que la définition du naturopathe est : Éducateur de santé.

Une fois que la personne a compris, mis en place les préconisations d’hygiène vitale qui lui sont données et qu’elle va mieux ou bien, elle a les clefs en main pour gérer elle-même sa santé. Elle devient actrice de sa santé. Personnellement, je conseille à la personne de revenir après la première cure pour faire le point. Si cela va bien, elle décidera ensuite de revenir lorsqu’elle le ressentira. Bien sûr pour les situations un peu délicates, le naturopathe peut demander un suivi régulier pendant quelques temps.

Sachant que les conseils sont donnés sous forme d’une cure à mettre en place pendant  2, 3 ou 4 mois, de toute façon on ne voit pas son naturopathe tous les 15 jours. En revanche, le naturopathe reste disponible par mail ou téléphone pour répondre à une question ou une remarque de son client.

Chaque cas est différent. Les préconisations sont individualisées et font de toute façon suite à un bilan de vitalité à chaque visite.

Philippe : pour qui est fait la naturopathie ?

Isabelle – en termes d’âge, la naturopathie s’adresse à tout le monde : des tous petits aux seniors.  Plus on commence tôt, mieux c’est. Plus on donne des bons réflexes d’hygiène de vie tôt, plus on a de chances d’éviter la maladie. Bien sûr on ne maîtrise pas tout : la pollution ambiante, les déchets radioactifs, etc. pouvant engendrer des problèmes de santé à notre insu. Mais on peut agir, chacun à notre niveau sur certains facteurs : notre alimentation, notre gestion du sommeil et du stress, la gestion de notre environnement proche, notre façon de consommer, etc. Notre santé et notre environnement sont intimement liés.

Par ailleurs, le client idéal du naturopathe est :

1- en premier lieu la personne en santé qui souhaite l’améliorer ou la maintenir à un niveau élevé

…donc qui évitera la maladie avec son cortège de soins. C’est en cela que la naturopathie est par excellence, la médecine de prévention primaire telle qu’elle est définie dans le rapport du Haut Comité de la santé publique de 1984 que Bernard Kouchner avait mis en place sous forme du « Plan national d’éducation pour la santé ». Il y est mentionné que : « la prévention primaire se situe en amont des problèmes de santé et vise à éviter leur apparition ». A ce titre elle est tout à fait différente du dépistage.

2- En second lieu, la personne présentant des problèmes fonctionnels

…qui peuvent aisément être résolus en rectifiant quelques erreurs d’hygiène de vie. C’est typiquement la personne qui n’est pas malade mais qui a quelques maux ou douleurs récurrents impossibles à identifier par le médecin.

3- En troisième lieu, si la pathologie est installée

le naturopathe peut accompagner la personne à côté de son traitement médical pour améliorer ses conditions générales ou mieux supporter les effets secondaires du traitement en question.

Philippe : en quoi consiste une séance de naturopathie ?

Isabelle : Une séance de naturopathie s’appelle un bilan de vitalité. Celui-ci a pour objectif d’évaluer d’une part : l’énergie vitale du client sans laquelle l’organisme ne peut mettre en place son auto-guérison, et d’autre part de trouver les causes des dysfonctionnements (s’il y en a) pour pouvoir agir dessus.

Concrètement, ce sont l’analyse morpho-physiologique et l’analyse iridologique qui renseignent sur ces deux pôles grâce à des éléments de terrain comme la force ou la faiblesse des organes, l’état du système nerveux, le degré d’encrassement, par quel type de toxines le terrain est encrassé, d’où viennent-elles ? Est-ce que l’organisme a la capacité de les éliminer ? Comment ?, etc. Par là même le naturopathe en déduit ses prédispositions à développer telle ou telle type de pathologies. Donc dans l’idéal, peut agir en amont.

Évidemment, ceci est enrichi par l’anamnèse,c’est-à-dire l’entretien du naturopathe avec le client qui apporte des renseignements sur son histoire de santé, son hérédité, son environnement de vie, ses contraintes, etc. dont il devra tenir compte dans les conseils préconisés. Il y a donc une dimension d’écoute qui est aussi très importante.

C’est à partir de tous ces éléments que le naturopathe fait une synthèse et établit le programme d’hygiène vitale sous forme de cure : de revitalisation, de désintoxication, de stabilisation ou de régénération pour une période donnée à l’aide de certaines des 10 techniques qu’il a à sa disposition.

Encore une fois, le naturopathe explique les processus, c’est pourquoi la consultation dure entre 1h et 1h30 et il donne ses conseils par écrit.

Philippe : quelles sont les limites de la naturopathie ?  Dans quel(s) cas, par exemple, elle « ne sert à rien » ou est impuissante ?

Isabelle : Il y a plusieurs aspects.

1/ Physiologique : la naturopathie ne s’applique plus s’il n’y a plus d’énergie vitale car le corps n’a plus la capacité à s’auto-guérir. L’auto-guérison est un programme de l’hypothalamus, notre grand ordinateur central, et qui permet à l’organisme de se réparer. C’est typiquement le cas des pathologies lésionnelles par rapport auxquelles la naturopathie peut au mieux accompagner la personne en lui procurant un meilleur confort de vie, à côté de son traitement médical.

2/ Déontologiques : le naturopathe ne doit pas jouer au médecin sous peine d’être condamné pour exercice illégal de la médecine. Je m’explique : le naturopathe ne s’occupe pas de la maladie ou de ses symptômes et à ce titre, ne doit pas faire de diagnostic symptomatique médical. Il ne prend pas en charge une personne en situation d’urgence mais l’envoie vers un médecin. Le naturopathe ne demande jamais à une personne d’arrêter son traitement médical.

Il ne joue pas non plus au pharmacien. Les produits conseillés par le naturopathe sont des produits naturels que l’on peut se procurer en boutique de produits biologiques. Le naturopathe ne préconise pas de médicaments vendus en pharmacie.

Tout ceci est expliqué dans le « Livre Blanc de la naturopathie » (Livre blanc de la naturopathie : Contribution pour une santé durable).

Philippe : si vous, naturopathe, consultez un confrère de manière anonyme ou le voyez faire, qu’est-ce qui vous fera dire : « celui-là, c’est un bon ! Il a tout compris ! »

Isabelle : Il fait de la naturopathie et non de la naturothérapie. A savoir :

1/ Il fait un bilan de vitalité tel que je l’ai décrit : basé sur la morphologie, l’iridologie et l’anamnèse avec une écoute bienveillante et attentive. Il s’occupe de la personne dans sa globalité.

2/ Il agit vraiment sur les causes et l’énergie vitale

3/ Ses conseils sont avant tout basés sur l’hygiène vitale : alimentation, sommeil, gestion du stress, exercice physique, soins naturels etc. et non sur les compléments alimentaires. A savoir : il ne fait pas un bilan symptomatique en remplaçant une molécule chimique par une molécule naturelle, ce qui s’appelle de la naturothérapie.

Philippe : consulter un naturopathe, qu’est-ce que ça implique : combien de séances par an ? Quel(s) coût(s) (séances et produits éventuels à acheter) ?

Isabelle : C’est au cas par cas, il n’y a pas une règle pour tous. Mais en principe, comme je l’ai dit tout à l’heure, le naturopathe explique les choses de façon à rendre les personnes conscientes et autonomes par rapport à leur santé et de façon à ce que leur bonne santé soit durable. Donc dans l’idéal, il ne les voit pas souvent. Sauf pour certains cas, où il peut y avoir un suivi récurrent pendant quelques temps.

Quant aux produits : en prescrire le moins possible toujours en complément de l’hygiène de vie.

Philippe : combien coûte en moyenne annuelle un bon suivi par un naturopathe ?

Isabelle : cette question rejoint la précédente. Je dirais que le naturopathe qui ne respecte pas notre éthique fera croire à ses clients qu’il devra nécessairement les voir ad vitam eternam tous les 2 mois.

Les tarifs sont libres puisque la Naturopathie n’est pas reconnue. Ainsi, chacun  détermine le tarif selon différents paramètres : charges personnelles, région, etc. Ce que je peux dire c’est que pour 1h00 minimum de consultation de qualité, au-dessous de 60 euros ce n’est pas crédible et pas bon signe

Philippe : que dit la science à propos de la Naturopathie ?

Isabelle : jusqu’à présent la naturopathie n’est pas une pratique reconnue par le système de santé publique et évolue dans un vide juridique.

La naturopathie se base sur une notion, l’énergie vitale, qui n’est pas acceptée et n’a pas été validée par la science. La science ne croit qu’aux réactions physico-chimiques pour expliquer la vie et ne prend pas en compte cette énergie qui donne vie à la matière. C’est ce qui oppose la philosophie du matérialisme de la médecine allopathique au vitalisme naturopathique.

Quoique maintenant avec la médecine chinoise et la notion de souffle vital, de méridien, etc. qui sont très répandues et de mieux en mieux acceptées, peut-être que les choses peuvent s’ouvrir un peu plus.

Par ailleurs, autant le scientifique se base sur l’activité de l’organe et pousse à l’extrême son exploration jusqu’à en faire une spécialité (cardiologie, urologie, etc.) et définit l’agresseur comme extérieur (virus, bactérie, etc.) autant pour le naturopathe, l’altération de la santé vient d’un encrassement excessif de l’organisme essentiellement dû à nos différentes erreurs de vie (outre une fragilité constitutionnelle possible évidemment ou un accident) qui va favoriser le développement de certains agents pathogènes. C’est pour cette raison que le naturopathe va travailler sur ces causes, sur le terrain et sur la personne dans sa globalité. Rappelons-nous Claude Bernard : « le virus n’est rien, le terrain est tout ».

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Rien qu’avec ces deux aspects des choses, on peut voir que le médecin allopathe et le naturopathe n’ont pas la même approche et ne font pas le même travail. Cela ne veut pas dire qu’il y a totale incompatibilité. Au contraire, une collaboration peut être très fructueuse, chacun agissant dans son domaine, dans l’intérêt des personnes. C’est ce que nous souhaitons. Pour l’instant c’est encore difficile.

Philippe : tous nos internautes n’ont peut-être pas les moyens de se payer les services d’un naturopathe (quoique : « la santé n’a pas de prix », dit-on !) : pouvez-vous leur donner 10 conseils valables pour tous afin de rester en bonne santé ? Merci Isabelle !

Isabelle : c’est très difficile de donner des indications générales quand la pratique est tellement basée sur la spécificité de la personne. Mais voici quelques pistes générales :

– Manger sain : cru et cuit à basse température, biologique si possible, avec associations simples d’aliments, mastiquer, éviter les excitants
– Respecter un temps de sommeil raisonnable et le plus paisible possible
– Se ressourcer au contact des éléments naturels  : forêt, eau, terre, lumière, roches
– S’éloigner de temps en temps des régions à pollution électro-magnétique
– Pratiquer une activité physique régulière et modérée
– Se préserver des moments de silence
– Gérer ses stress et ses émotions, développer ses points d’ancrage
– Éviter le plus possible les relations toxiques, développer sa communication non violente
– Développer sa tolérance, le lien aux autres
– Développer son projet de vie

Philippe : la naturopathie est souvent décriée : pourquoi  ? (c’est marrant, j’ai déjà une petite idée de votre réponse ! Rires)

Isabelle : ce n’est pas la plus connue des médecines non-conventionnelles alors qu’elle relève des pratiques de médecine traditionnelle occidentale qui datent d’Hippocrate. Elle se base sur le respect des lois physiologiques mais certains de ses aspects restent empiriques issus de l’observation donc elle est aussi considérée comme non scientifique. Elle se situe aux confins de l’art et de la science.

Par ailleurs, la médecine institutionnelle excellente dans certains domaines et peut sauver des vies, est considérée comme le seul moyen de se soigner à l’exclusion des autres depuis longtemps. C’est difficile de changer les esprits. Puis, les modes de vie ont beaucoup changé depuis une cinquantaine d’années et ne vont pas forcément vers une hygiène favorable à la santé : pollutions, malbouffe, stress chronique, etc. La naturopathie demande un effort pour réviser sa façon de vivre, se prendre en charge, ce n’est pas toujours facile.
Et puis il y a beaucoup d’ignorance. Souvent, quand je demande : avez-vous une idée de ce qu’est la naturopathie ? Les réponses sont : « c’est les plantes » ou « la…naturothérapie, c’est… ». A nous d’expliquer, de faire connaître notre pratique.

Philippe : choisir un naturopathe affilié à la Fédération Française de Naturopathie est-ce une relative assurance de « tomber » sur quelqu’un de compétent ?

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Isabelle : la Fédération Française de Naturopathie est constituée de 2 volets : l’un de formation avec l’affiliation des écoles sur le respect de certains critères, notamment de cursus et de nombre d’heures de cours ; l’autre la gestion des professionnels assurée par l’OMNES. Les adhérents à l’OMNES sont issus des écoles de la Fédération. C’est donc toujours mieux de s’adresser à un naturopathe estampillé OMNES(4). Après, il y a la relation et le feeling entre la personne et le thérapeute… C’est très personnel.

Philippe : depuis 20 ans, le nombre de naturopathes en exercice est-il constant ? en augmentation ?… Sentez-vous une augmentation de la demande ?

Isabelle : les écoles de naturopathies (en tous cas celles de la fédération) ont beaucoup d’élèves. Ce sont souvent des reconversions professionnelles mais on observe beaucoup de jeunes élèves qui ont une prise de conscience par rapport à la santé et à l’environnement. L’un ne va pas sans l’autre.

Quant à la demande, elle est là. De plus en plus de personnes se tournent vers les pratiques non-conventionnelles, souhaitent se prendre en charge et/ou revenir à des méthodes plus naturelles et moins intrusives.

Un peu de benchmark (ce qui se fait et/ou marche ailleurs) :

Philippe : dans quel(s) pays la naturopathie a-t-elle le plus de succès ? Pourquoi ?

Isabelle : De façon générale les pays anglo-saxons, germaniques, nordiques sont beaucoup plus ouverts sur cette médecine. C’est tout à fait admis et traditionnel dans les pays scandinaves.

C’est de fait en Grande Bretagne, accepté tout le temps qu’il n’y a aucun problème patient. Les heilpraktikers allemands sont des naturopathes pouvant même pratiquer certains actes médicaux. La liste des actes interdits est connue, les autres sont autorisés.

Elle est officiellement reconnue au Portugal. Il ne manque plus que les décrets d’application. La France est très en retard.

Philippe : dans quel(s) pays, la naturopathie est-elle reconnue et/ou remboursée ? Pourquoi ?

Isabelle : la réponse rejoint celle qui précède. Nos voisins comme la Belgique, la Suisse et l’Allemagne sont très ouverts à cette médecine qui est une pratique naturellement pratiquée et suivie.

Un grand merci à Isabelle qui nous a consacré une partie de son temps précieux pour répondre très clairement à nos questions !